Markus Glaus

Publié dans Portrait.

Même si les apparences et surtout mon accent ne le font pas penser, j’ai découvert et commencer à aimer la Suisse Romande le jour de ma naissance le 24 mai 1950 à Delémont, aujourd’hui capitale du canton du Jura, de parents suisse allemands.

 

Quand j’avais 5 ans nous avons déménagé à Winterthur, dans la région de mes parents, ou j’ai effectué toutes mes écoles obtenant le diplôme de l’Ecole de commerce à 19 ans. Durant mon temps libre pendant la période scolaire, j’ai été scout ; l’athlétisme n’était apparemment pas encore assez connu (et promu) à cette époque.

A 19 ans, j’ai eu la chance d’avoir pu trouver une place dans une entreprise s’occupant du négoce international du coton à Winterthur qui offrait des possibilités de découvrir l’étranger. En fait je n’ai travaillé que trois mois à Winterthur, préférant d’accomplir l’école de recrue une année à l’avance. Contrairement à aujourd’hui, en 1969 les jeunes avaient l’habitude de partir le plus vite de la maison.

A mon retour de l’armée mes employeurs m’ont confié mon premier poste à l’étranger à Brême (2 mois), suivi de 2 mois à Liverpool.  A la suite j’avais la grande chance de pouvoir partir pour cette entreprise aux Amériques ou j’ai passé un total de neuf ans: au Mexique (1971-72), au Texas et à l’Arizona (1973-74) et au Nicaragua (1975-1979), m’occupant de l’achat du coton auprès des producteurs ainsi que de la préparation et de l’envoi par bateau vers les fabriques de filature en Europe et en Asie.

Au Mexique, j’étais dans une région désertique dans l’état de Sonora au nord-ouest du pays en face du golf de la Bas-Californie, ou, dans la ville de Hermosillo, j’ai eu la chance de connaître Martha, qui, en 1975, est devenue mon épouse. Nous avons commencé notre vie de couple au Nicaragua. Nos enfants René et Denise sont nés en 1977 et en 1981.

A cause de la guerre civile au Nicaragua en 1978-1979, nous avons été contraints de fuir les évènements pendant l’été 1979 juste quelques jours avant la chute du régime du dictateur Somoza, pour nous réfugier au Mexique. Par la suite, les entreprises d’achat et d’exportation du coton ayant été nationalisées au Nicaragua, j’ai été obligé de rentrer en Suisse pour trouver une nouvelle orientation. Après ces années passées aux Amériques, ce fut un changement de cap radical pour nous tous avec, à nouveau, des saisons, ainsi qu’une mentalité assez différente !

Heureusement, après 6 mois de recherche, j’ai trouvé, en juin 1980, une place dans une entreprise familiale à Genève s’occupant de l’achat et de la vente du café et du cacao en gros, ce qui m’a permis de rester en contact avec les pays de l’Amérique latine ainsi qu’avec tous les autres pays de production de ces matières premières se trouvant entre les tropiques du Cancer et du Capricorne. J’ai ainsi travaillé 11 ans au sein du département du café et 19 ans dans celui du cacao.

En été 1981, 6 mois après la naissance de notre fille Denise, mon épouse est partie au Mexique la présenter à sa famille. Restant tout seul à la maison et pour ne pas « faire d’autres bêtises », je me suis mis à la course à pied. Cela a été déclenché par une annonce parue dans le journal La Suisse annonçant la course « Carouge-Le Salève ». J’ai commencé les entraînements au parcours Vita de Pinchat, tout fier qu’au 2ème jour je pouvais faire un tour complet sans marcher !

Par la suite, j’ai fait d’autres courses et lors de ces occasions j’ai commencé à côtoyer des gens du Stade Genève (Peter Gälli, René Lisi et Francesco Conti). Leur récits des sorties pour participer aux courses dans les environs et à l’étranger m’ont donné l’envie de devenir membre du Stade Genève en été 1985.

Pendant l’horaire de l’été, je m’entraîne les soirs des mardis et des jeudis, et en hiver les dimanches matin, ainsi que les samedis matin toute l’année lors de l’entraînement pour les débutants. Mon 1er marathon était celui de Jussy en 1986, en laissant le chrono à la maison et avec l’idée en tête d’accomplir une aventure (3h25m). Ce marathon a été suivi par approximativement une 20e d’autres un peu partout en Europe dans un cercle imaginaire dessiné reliant Londres à Paris, Madrid, Rome et Berlin. Mes meilleures courses ont été les 25 km de Berlin en 1987 (1h44m et des poussières), le marathon de Munich (3h15m45s) et Morat-Fribourg en 1h15m. Les aventures que j’ai particulièrement aimé étaient les super-marathons du Mont-Blanc en trois jours (155km et +/- 6000m de dénivelée) en 1988 et 1990 ainsi que Sierre-Zinal en 1996 (31km et +/-2000m en 4h48m54s). Ces dernières années, j’ai laissé un peu de côté les courses sur l’asphalte pour préférer celles en montagne, comme par exemple Sierre-Zinal ou le marathon des alpages.

J’ai eu beaucoup de plaisir à voir que mon fils René a également pris goût à l’athlétisme à l’adolescence et à la course à pied à l’âge adulte, sans que je fasse des discours, seulement en montrant l’exemple.

Ma vie au sein du Stade Genève m’a fait découvrir les autres activités du club comme l’organisation de la Course de l’Escalade et celle du loto. Les deux ne demandent pas uniquement un certain nombre d’heures de travail, mais donnent également beaucoup de satisfaction année après année en me réjouissant des succès remportés. Depuis quelques années j’ai commencé à aider dans l’organisation de nos manifestions d’athlétisme dans les équipes des juges-arbitre, des starters et des chronométreurs, ce qui me permet, entre autres, de me rapprocher, ainsi que mes amis Gobe Bitume, des athlètes du Stade Genève. Je pense que cela fera également découvrir les Gobe Bitume aux athlètes avec l’espoir qu’ils nous rejoignent un jour sur nos routes et nos sentiers et, pourquoi pas, comme bénévole dans nos activités citées ci-haut.

Comme je l’ai mentionné lors de la RAGB le 20 février 2007, après un grand nombre d’années où des déplacements ont été organisés par nos amis Jean-Noël Borgognon, Hilda Fueter, Jean-Daniel Biederpost, Jean-Marc Rochat, Marie-Dominique King, Josiane Goy, Jean-Louis Bottani, Jean-Claude Martini, Alain Christinet, Christine et Alain Faucogney et moi-même, c’est avec beaucoup de plaisir que je constate qu’il y a une  relève qui se met en place, qui a commencé a organiser pour nous des entraînements spécifiques et des déplacements pour des courses et des marathons, comme Najib Ziazi, qui nous a fait rêver et découvrir son pays pendant et après le marathon et semi-marathon de Marrakech en janvier 2007 et 2009, ainsi que Jacqueline Briquet, notre nouvelle BOK-artiste-sirène.

Sur la photo, on me voit comme juge-arbitre lors d’une manifestation d’athlétisme à Delémont en été 2005, à l’endroit même où j’ai joué avec les copains les 5 premières années de ma vie. La prairie est devenue un Stade. En arrière plan, on voit même la maison où j’ai vécu. C’était, pour moi, un « retour aux sources » !

Je me suis également aperçu que notre grande famille du Stade Genève ne représente pas seulement des entraînements, des courses et des performances, mais également un grand sens de l’amitié. La vie nous présentant des hauts et des bas à nous tous, j’apprécie que dans les moments difficiles je peux compter sur un précieux petit groupe de bons ami(e)s.

 

Markus

 

P.S.

Mise à jour du 2 mai 2010 MG.

Pas trop à l'aise pour parler de moi-même, mille mercis à Jocelyne Antonini pour l'aide rédactionnel dans la conception de ce texte.

Connexion