Championnats Suisses Elites - Bâle

Écrit par Marine Guillain. Publié dans Articles.

Un public enthousiaste et un climat mitigé ont accompagné les quinze athlètes du Stade Genève qui ont participé aux Championnats Suisses à Bâle, les 5 et 6 août. Bilan: quatre podiums dont un titre suisse et plusieurs finales.

 

Record personnel et titre suisse

 

«Je crois que c'est celle-là ma préférée», a répondu Jessica Martins, médaille d'or en main, à sa petite cousine qui lui demandait quelle était la récompense sportive de sa (grande) collection qu'elle aimait le mieux. Et l'athlète a de quoi être fière: elle vient de remporter son premier titre en Championnats Suisses Elite sur 400m. Avec un chrono de 54''18,  Jessica a non seulement abaissé son record de 37 centièmes, mais a aussi laissé ses concurrentes loin derrière, à plus d'une seconde: «J'avais beau avoir le meilleur temps de la saison, j'étais hyper stressée, tant pour les éliminatoires que pour la finale, a avoué la championne suisse du tour de piste. Après un bon premier 200 mètres sur la course de samedi, je me sentais prête à attaquer dans le virage. J'ai tout donné et seuls les trente derniers mètres ont été durs pour mes jambes». Ces bonnes sensations et cette quatrième course de la saison sous les 55 secondes ont enfin rassuré l'athlète par rapport à son potentiel: «Je sais maintenant que ce n'était pas un coup de chance la première fois», a-t-elle admis sur un ton amusé. Depuis trois ans, Jessica a enchaîné fracture de fatigue au pied, opération des ligaments du genou, déchirure de la cuisse et nombreuses douleurs au talon d'Achille, ces dernières lui causant encore beaucoup de soucis. C'était donc un soulagement pour elle de revenir en si bonne forme. «Je rêve d'une saison sans blessures, a avoué la sportive, car je sais qu'elles m'empêchent d'être au top de mes capacités». Des regrets sur ce week-end à Bâle? «Je visais un chrono de 53''90 pour la finale. J'ai donc un mini regret car c'était ma dernière course individuelle de la saison. Sinon, l'euphorie de la victoire est passée trop vite!». Entre interviews, podium et arrosage de champagne par son fan club, l'athlète n'a effectivement pas eu le temps de souffler! Et elle n'aura pas plus de répit ces prochains jours, puisqu'elle s'envolera jeudi pour les Universiades de Shenzhen (Chine), avec l'équipe du 4x400m féminin.

Trop confiant

 

Toujours sur 400m mais du côté masculin cette fois, Bryan De Grace est arrivé deuxième, en 47’’72, derrière le Zurichois Philipp Weissenberger: «Je me suis qualifié facilement vendredi soir, du coup j’étais un peu trop confiant aujourd’hui, a avoué le Mauricien. Je ne suis pas assez fatigué, je sens que j’aurais pu courir plus vite». Deuxième place donc, mais pas de médaille pour Bryan qui n’a pas la nationalité suisse. Chose à laquelle le sportif qui habite ce pays depuis deux ans souhaite remédier: «J’aime m’entraîner à Genève, le coach est très présent et bien qualifié et le groupe est motivant. A l’île Maurice, je faisais souvent mes séances seul et les coachs ne s’y connaissaient pas assez. J’ai prévu de rester en Suisse et de courir pour ce pays.» Avec un record personnel à 46’’26, l’athlète se sent capable de courir son tour de piste en 45 secondes.

 

Duel serré

 

Pour ce premier week-end d'août, le sprinter Pascal Mancini est revenu au meilleur de sa forme. Il a remporté la médaille d'argent sur 100m en 10''54, à quelques millièmes du tenant du titre, le Zurichois Rolf Malcolm Fongué. Après une course plutôt relax au premier tour vendredi, le Stadiste a sorti un 10''50 en demi finale, l'un de ses meilleurs chronos de la saison. Lors de la finale du samedi, Mancini a eu un poil plus de peine à se réveiller: «Comme c'était la première course de la journée, j'étais un peu endormi au départ, mais je suis bien revenu sur la fin, a-t-il analysé. Je travaille ma fin de course depuis le début de l'année et je vois que ça a porté ses fruits. Il ne me reste plus qu'à combiner cela avec un bon départ et les centièmes devraient descendre rapidement». Le sprinter est donc fier de son résultat et surtout confiant pour la suite. La suite? C'est d'abord les Championnats du Monde à Daegu, les Championnats Suisses de relais en septembre puis le traditionnel meeting Weltklasse de Zurich.

 

Médaille et déception

 

Au lancer du marteau, la déception a été violente pour Lydia Wehrli. La détentrice du record suisse Elite et U23 est restée loin de ses 60.06 mètres, réalisés deux semaines auparavant à Lucerne. Elle a tout de même remporté la médaille de bronze, grâce à son jet à 53.56 mètres: «La semaine passée, j'ai dû travailler à 100%, a expliqué la lanceuse. Les huit heures que je passais debout chaque jour m'ont fatiguée, je ne me suis entraînée que quelques fois et le cœur n'y étais pas. De plus, mon entraîneur était absent, chose que je n'ai apprise qu'à la dernière minute». Vendredi soir, tout jouait en la défaveur de la recordwoman suisse: il faisait froid, il pleuvait, les concurrentes était nombreuses et le concours s'est éternisé. Malgré les larmes, Lydia a affirmée qu'elle était plus motivée que jamais.

 

Des athlètes conquérants, de 45 à 5000 mètres

 

Avec 50’’26, Wely Akakpo n’a malheureusement pas obtenu sa place en finale sur 400m. Après six saisons faites de blessures et de rares compétitions, l’athlète avoue avoir fait une erreur technique, courant dans un style trop différent de ses habitudes.

 

Sur 800m, Julia De Pietro s'est déclarée satisfaite de son résultat. Seizième sur les listes de départ, celle qui a mené la course durant 600 mètres a obtenu une belle onzième place finale, en 2’18’’78: «Même si ça m’a fatigué d’être devant, je suis contente d’avoir osé prendre les reines», a affirmé cette boulimique du sport.

 

Sur les courses rapides, Benjamin Sunier a manqué la finale du 100m pour un petit centième. Après avoir réalisé le pire chrono de sa vie lors des qualifications, il a fait bien mieux en demi-finale avec ses 10’’85, un bon résultat pour quelqu’un qui revient d’une déchirure au quadriceps. Aron Beyene a quant à lui vécu une grosse déception sur 200m avec ses 21’’76 en qualifs et 21’’77 en finale: «Je savais que je n’allais pas bien courir à cause de mon manque d’entraînements de ces dernières semaines, mais je n’arrive pas à digérer la raclée que je me suis prise», s’est désolé le sprinteur, qui doit se préparer pour les Championnats du Monde de Daegu. Du côté féminin, Pia Jouis est l’athlète du Stade qui a concouru le plus grand nombre de fois, avec quatre courses en deux jours. Deux fois dix-septième, la doyenne a eu deux surprises en apprenant qu’elle était qualifiée pour les demi-finales du 100m, puis pour la finale B du 200m (12''71 et 12’’79 sur 100m, 26’’84 et 26''58 sur 200m).

 

Chez les demi-fondeurs, Nathaniel Kleiner a terminé son 1500m en 4’15, avec seulement trois semaines d’entraînements dans les jambes. Content d’avoir participé à ses premiers championnats, il a regardé attentivement la finale de sa discipline, chronomètre en main. Sur 5000m, Alexandre Roch a dû abandonner après deux kilomètres. L’athlète qui visait un podium n’avait pas eu le temps de récupérer de sa maladie, deux semaines plus tôt. Christophe Chabard et Maxence Garin ont suivi l’exemple quelques centaines de mètres plus loin, pour cause de fatigue et de manque d’énergie. Seul Samuel Bumann a terminé la course, tout près de son record, en 15’50’’60: «J’ai réussi à crocher sur ceux qui me dépassaient, s’est réjoui l’athlète, satisfait de sa onzième place. Ca a beaucoup bousculé mais des séances efficaces m’avaient préparé à ça». Ces quatre athlètes ont tous battu leur record du 5000m lors de la même compétition, en Allemagne au mois de mai.

 

Du côté des lancers, Guillaume Duclos a réalisé son record en projetant son disque à 45 mètres. Ce résultat lui a permis d’obtenir la cinquième place du concours.

 

Jerry Maspoli et Kevin Widmer sont rentrés de Bâle contents des résultats du club. Le président s’est réjoui des quinze participations des Stadistes, tant du côté du sprint que du demi-fond: «Il y a eu trois médailles et pas mal de finalistes, donc les objectifs du club sont atteints». Le coach du groupe des sprinters s’est quant à lui déclaré ravi de l’état d’esprit conquérant qui régnait: «Le groupe était soudé et motivé et l’ambiance positive. Je suis fier des athlètes».

 

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